Époque Edo

Écrit par  Jan 01, 2007

Époque Edo : Aspect historique

L’époque Edo va le plus marquer la mémoire des japonais. Cette période est aussi appelée « époque pré-moderne », car elle est antécédente à l’époque moderne regroupant l’ère Meiji, Taisho, Showa et Heisei. Elle est l’une des périodes les plus importantes de l’histoire japonaise car elle est longue et qu’elle est fertile en événements. Ceux-ci vont bouleverser l’histoire et forger la mentalité japonaise.

 

Hideyoshi

Cette ère commence en 1600, par la célèbre bataille de Sekigahara très souvent évoquée dans les mangas. Cette guerre a opposé les familles des deux plus grands généraux d’Oda Nobunaga, l’ancien Shogun. En 1600 les Toyotomi et les Tokugawa s’affrontèrent pour la prise du pouvoir, se fut la bataille finale qui permit à Ieyasu Tokugawa d’arriver au pouvoir. Il s’installa dans le château d’Edo, qui a donné son nom à l’époque. La capitale du Japon est restée Kyoto jusqu’à la restauration de l’ère Meiji en 1868. A cette date elle se déplace à Edo qui prend le nom de Tokyo.

 

Bataille de Sekigahara

1600 est considérée comme le début de cette époque, pourtant le premier le Shogun Tokugawa Ieyasu, n’a prit le pouvoir que trois ans plus tard. C’est à partir de ce moment que l’on assiste à une fermeture du pays sur lui-même. En effet ce gouvernement insulaire garda peu de contacts avec les pays extérieurs, sauf avec la Corée pour des raisons diplomatiques, la Chine et la Hollande pour le commerce. Pour pouvoir mieux contrôler le pays et ne pas le laisser envahir par les étrangers et leurs pratiques, la religion chrétienne fut interdite. De nombreux mercenaires et japonais de religion chrétienne furent persécutés. En 1638 un nouveau shogun de la même lignée décida de fermer complètement les frontières. Le repli du pays sur lui-même ne s’est pas fait en un jour, mais sous trois Shogunat, durant ces trois règnes beaucoup de décisions furent prises afin d’expulser toute culture étrangère. On peut remarquer également que les comptoirs de commerces étrangers vont disparaître. Pendant leur règne on remarque aussi que le régime Bakufu change souvent ses lois, lois servant à faire régner l’ordre parmi les classes sociales, afin d’éviter toute rébellion. L'apogée du régime Bakufu de la période Edo se situa sous le règne de Tokugawa Tsunayoshi (1680 - 1709). Cette lignée dirigea le Japon pendant environ 250 ans. En 1854 le commodore Matthew Perry force le gouvernement à ouvrir ses ports commerciaux, mais ce n’est que 14 ans plus tard que le pays va s’ouvrir et part la même occasion changer de régime. En 1868 on assiste à la restauration de l’ère Meiji, considérée comme l’époque moderne.

 

Époque Edo : Aspect politique et culturel

 

Le régime qui gouverne le Japon à cette époque, s’appelle le Bakufu. Ce régime est établi afin d’éviter les révoltes et maintenir l’ordre. Ce régime n’a pas été inventé à l’époque Edo, mais date de l’Époque Kamakura (1185-1333), à l’origine c’était un régime militaire. Il fut supprimé sous Oda Nobunaga à l’Époque Azuchi - Momoyama (1573-1603), et rétabli à l’époque Edo mais plus à des fins militaires. En effet le Bakufu bien que basé sur une psychologie militaire, est utilisé pour stopper la propagation de la religion chrétienne. De plus à cause des problèmes de castes sociales, les habitants étaient difficiles à gérer. Mais les plus difficiles à tenir étaient les Ronin, des Samouraïs sans maîtres, ni terre. Le Bakufu se charge de les éliminer, s’ils ne l’ont pas déjà fait eux même. La mentalité du Samouraï est restée gravée dans les mœurs japonaises, le Japonais a sa fierté et son honneur. C’est comme une loi qui régit les Samouraïs, le Seppuku est le suicide japonais, lui aussi souvent évoqué dans les mangas, mais aussi dans la vie courante. Il est actuellement un mythe, mais est resté bien ancré dans la mémoire du japonais de nos jours, si un Japonais perd sa fierté ou son honneur, s’il échoue dans la vie, il lui arrive de se suicider. Pour les samouraïs c’est simple, si leur maître meurt, ils se donnent la mort en appliquant le Seppuku qui consiste à s’ouvrir l’abdomen avec un poignard.

Mais les Ronin font partie d’une caste bien qu’ils soient pourchassés, les castes furent créées sous Tokugawa Ieyasu. Le Bakufu est là pour énoncer les droits et les devoirs de chaque caste, malheureusement « devoir » veut plutôt dire obligation. Il faut aussi savoir qu’avec ce système de caste, il est difficile de sortir de la classe dans laquelle on est répertorié. Le Bakufu servait aussi à administrer les territoires placés sous le contrôle direct du shogun et surveiller les Daimyô (que l’on qualifierait de noble chez nous).

Le Bakufu sanctionnait aussi les habitants qui voulaient fuir ou simplement migrer vers l’extérieur de l’île, la sanction n’est autre que la mort. Mais de plus, il ordonnait aux Japonais qui avaient quitté le territoire de revenir. Aussi la politique du Bakufu tenta de supprimer la coutume du Seppuku, pour garder les guerriers de valeur et ainsi augmenter le nombre de Ronin. Ceux-ci qui n’avaient ni maîtres, ni terres et plus de raison de se battre fondèrent des écoles (Ryu) pour enseigner l’art de combattre. Après 1641 le régime du Bakufu atteint sa forme définitive et s’en suit une période de paix, malgré quelques révoltes vite arrêtées. Les écoles d’enseignement de l’art du combat commencèrent à proliférer, de nos jours de nombreux arts de combats sont enseignés dans des Dojo un peu partout. Il y a aussi un mythe qui poursuit les Japonais, il pourrait se rapprocher de l’esprit Zen, c’est l’idée de se retirer pour méditer. De nombreux arts ont été créés grâce à cette pratique, notamment la théorie du Ju-Jutsu trouvée par un médecin Akiyama Shirobei.

 

C’est toute une légende qui est actuellement souvent reprise sous différentes formes, aussi beaucoup dans les mangas. Cet art du combat a progressé et est toujours très présent de nos jours, tandis que le Japon finalement se vit obligé d’ouvrir ses frontières face à l’impulsion des puissances étrangères. C’est à partir de ce moment là que le Japon va s’ouvrir et passer dans l’ère Meiji, époque moderne.

 

Époque Edo : Aspect social

Pendant la fermeture du pays sur lui-même, alors que le régime Bakufu, plus qu'autoritaire faisait rage. Les habitants eux souffraient énormément et l'éducation de chacun était très dure. Même de nos jours on remarque que les Japonais ont une manière bien spécifique de penser et d'élever leurs enfants, sûrement cela provient de cette dureté de la vie à cette époque. Il est vrai qu'à cause de la pression du Shogun sur les habitants et du régime Bakufu, la population avait peu de liberté et beaucoup d'obligation. On revoit encore cela de nos jours, tous ces Japonais oppressés, toujours dirigés par les patrons, qui n'osent pas dire non. En effet il y avait plusieurs castes sociales à cette époque. Ce système hiérarchique a été mis en place par rapport aux métiers et aux origines sociales, le système moral lui n'était pas pris en considération dans la vie de tous les jours. Et même de nos jours les Japonais regarde beaucoup les personnes par rapport aux noms de famille, ou même par rapport à leurs proches. Le système de classe sociale à cette période est appelé le système « shinokosho », car les quatres kanjis de ce mot représentent chacun un étage de la hiérarchie. Shi est la caste des Samouraï et les Ronin sont aussi comptés dans cette classe, Nô est la classe paysanne (que nous appellerions le tiers-état), Kô est la classe des artisans et pour finir il y a au bas de l'échelle les marchands qui font partit d'une classe appelé Shô. Les Samouraï sont parfois classés dans la caste des Bushi, cette caste regroupe les guerriers, elle comprend aussi le Shogun, ceux qui font partie de cette classe ont un droit de vie ou de mort sur toutes les autres classes sociales. Pour finir il y a une classe appelée Daimyo qui regroupe les familles de Bushi, leurs terres portent également le nom de Daimyo. Les Daimyo pour la plupart sont de grands seigneurs, très nobles. Lorsque qu'un Japonais de classe inférieur croise un Daimyo sur son chemin il doit s'écarter et se mettre à genoux pour le laisser passer. Il y a encore pire que le peuple de bas étage, on a donné un nom a un groupe de personnes exclues, bannies ou rejetées, ils sont appelés Hinin. Mais dans leur cas, il y a une possibilité de regagner un statut social. (Mais avec la restauration de l’ère Meiji tout ceci va disparaître…)

 



Hinata

Ancienne membre de Japan World. Certains de ses dossiers et fiches sont restés sur Japan World.

Laissez un commentaire

En postant un commentaire sur Japan World vous êtes en accord avec ses mentions légales et vous l'autorisez à enregistrer vos données.

Informations

Tous les textes ont été rédigés par Japan World, sauf si mentions contraires. Si vous souhaitez les utiliser, nous vous remercions de respecter le travail en indiquant la source.

Suivre Japan World

Publicité

logo Japan World : Japon

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies.