Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 25/01/2026
« Une ode au rythme des saisons et au temps qui passe. »
La Péninsule aux 24 saisons est un roman qui est tombé pile au bon moment dans ma vie. Ce n’est pas un roman avec de nombreux rebondissements, de l’action ou du suspense, bien au contraire. C’est un roman qui prend le temps. Le temps de profiter de l’instant présent, des saisons et du silence. Un roman qui permet de souffler, le temps d’un instant, dans le tumulte de nos vies. Cette communion avec la nature m’a fait un bien fou.
C’est le second roman que j’ai le plaisir de lire de Inaba Mayumi, et honnêtement, celui-ci m’a beaucoup plu. L’introspection que vit cette femme, je l’ai vécue en même temps qu’elle. Dans ma vie, depuis presque deux ans, je n’ai pas pris de vacances, de vraies vacances avec une réelle coupure, et j’arrivais à une limite. Puis je me suis mis à lire cette œuvre… autrement dit, elle est arrivée au moment parfait.
Cette lecture m’a fait prendre conscience que, de temps en temps, il est nécessaire de prendre son temps et de vivre au rythme des saisons. Dans une société où tout doit aller vite, où rien ne s’arrête jamais, je ne prenais plus le temps de m’arrêter et de souffler. Ce roman m’a rappelé la joie et le bonheur d’être absent, de ne pas répondre aux urgences, et d’être loin du tumulte permanent.
Il est question, notamment à travers ce fameux calendrier des vingt-quatre saisons, d’une véritable communion avec la nature. Alors que nous sommes de moins en moins en lien avec elle, beaucoup d’entre nous ne voient plus que du béton au quotidien. Il suffit de sortir de chez soi pour avoir toutes les commodités à portée de main. Nous sommes occupés du matin au soir, souvent par peur de perdre quelque chose : du temps, des opportunités, ou autre. Cette communion avec la nature n’existe plus pour une grande partie des gens, et je m’inclus dedans. À travers ce roman, j’ai ressenti ce besoin de m’y reconnecter. Voir cette femme vivre au rythme des saisons m’a redonné envie de ralentir et de vivre davantage en harmonie avec la nature.
Le roman aborde également la question du silence. Dans notre société moderne, nous sommes sollicités en permanence, du matin au soir. Nous ne prenons plus le temps d’être seuls, sans bruit, sans distraction, simplement avec nous-mêmes. Dans le roman, une personne tombe même malade face à ce silence. Lorsque le bruit cesse et que le silence s’installe, cela peut parfois faire peur, au point d’en devenir fou. Le bruit extérieur étouffe le silence intérieur, et l’on n’entend plus cette « petite voix ».
Il est aussi question des rencontres et de la solidarité entre les individus. L’humain n’est pas oublié au cœur de cette nature, bien au contraire : il cherche à ne faire qu’un avec elle. Cette lecture m’a aussi rappelé le bonheur d’être en pleine nature, à écouter le vent, les oiseaux, et tout ce qui nous entoure.
Mais ce roman ne serait rien sans son autrice, ni sans le travail de traduction remarquable d’Élisabeth Suetsugu. Malgré le sujet, j’ai trouvé qu’il y avait un vrai rythme. Chaque fin de chapitre me donnait envie d’en commencer un autre, même lorsque la fatigue se faisait sentir. C’est écrit avec délicatesse, avec beaucoup de détails et de petites choses qui donnent envie de poursuivre la lecture. Il se passe toujours quelque chose, et j’avais envie de savoir ce que cette femme allait devenir après une année passée sur sa péninsule.
La Péninsule aux 24 saisons m’a rappelé l’importance de vivre au rythme des saisons et de ne pas aller trop vite. Chaque chose prend du temps. Quand on sème, on ne peut pas récolter immédiatement. À l’image de la vie moderne, où l’on cherche constamment l’instantané, ce roman nous rappelle que cela n’est pas possible. Il m’a fait revenir à des choses simples, essentielles, que j’avais oubliées. Il n’y a ni tumulte ni action spectaculaire, et c’est dans ce calme que j’ai trouvé le plus de réconfort.