Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 19/04/2026
« Le mystère demeure, et c’est peut-être le film. »
Umi wo Kakeru, Le Soupir des vagues en français, est un film relativement étrange. En lisant le résumé, je m'attendais à un film mêlant mystère et drame, et il en est bien question, mais sans forcément apporter de réponses au mystère. J'avais envie d'aller au bout, la réalisation est au rendez-vous, mais ce n'est pas non plus la folie côté scénario. Il ne se passe pas grand-chose, et pourtant il y a ce petit quelque chose qui donne envie de connaître le fin mot de l'histoire. Les mots me manquent encore pour totalement le définir.
Pour l'histoire, le spectateur est plongé sur l'île de Sumatra, en Indonésie, au sein d'une famille japonaise parlant couramment la langue et qui voit arriver un membre de sa famille venu du Japon. Au même moment, un jeune homme nu est retrouvé échoué sur une plage. À partir de là, d'étranges phénomènes se produisent. En soi, le pitch est bon et donne envie d'aller jusqu'au bout. Cela a été mon cas, même si parfois le film part dans des directions un peu étranges, et dont, de temps à autre, les réponses ne nous sont pas données. C'est, disons… lunaire. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, mais je ne peux pas dire non plus que j'ai adoré. Je reste mitigé, entre les deux. J'ai du mal à exprimer exactement ce que j'en ai pensé.
Ce qui est très plaisant, ce sont les relations humaines qui nous sont dépeintes dans ce film. J'ai trouvé cela touchant, notamment autour du choc des cultures et des incompréhensions qu'il génère. Cela m'a rappelé certains souvenirs. Cette légèreté-là a été un véritable bol d'air frais. J'ai aimé cette forme d'insouciance, mais aussi cette dure réalité qui lui fait face, notamment à travers l'histoire de la journaliste. Les relations humaines y apparaissent dans toute leur complexité.
Là où j'ai bloqué, c'est sur le versant fantastique et le mystère qui entoure le jeune homme Laut. Je peux comprendre l'idée des miracles, mais l'homme en lui-même… mystère complet, et sans réponses qui plus est. Il arrive dans la vie de certains, apporte la vie ou la mort, mais sur lui-même, on ne sait rien. La seule chose que j'en déduis, et cela reste personnel, c'est que la vie peut disparaître à tout instant, et qu'il faut donc profiter de chaque jour qui nous est offert. Tel un dieu, il semble avoir un droit de vie, de mort… ou de miracle. On vit comme si l'on était éternel, alors qu'on reste mortel. C'est le message que je tire de son apparition. Mais j'avoue avoir été frustré de ne pas en apprendre davantage sur le personnage. Il part comme il est venu : de la mer, sans explication.
Côté réalisation, Fukada Koji signe, une nouvelle fois, un film énigmatique dont lui seul semble avoir la recette. J'ai aimé les plans, la manière dont cela a été réalisé, les couleurs, la lumière… bref, tout le versant technique m'a vraiment envoûté. Il y a ce petit quelque chose qui fait que le film paraît unique. La mise en scène prend son temps, laisse respirer les silences, observe les corps, les visages, les paysages, et installe une atmosphère presque flottante. Il y a aussi cette manière qu'a Fukada de faire coexister le concret et l'inexplicable sans jamais forcer l'un sur l'autre. Même lorsque cela me laisse perplexe, je sens une vraie maîtrise derrière.
Au final, Umi wo Kakeru ne m'a pas convaincu, mais ne m'a pas non plus déçu. C'est entre les deux. Je ne l'ai pas détesté, mais je suis resté sur ma faim. Il y a eu ce petit quelque chose qui m'a envoûté, mais pas au point d'être emballé du début à la fin. Le fait de ne pas avoir mes réponses me chagrine un peu. Même si, parfois, cela semble brouillon, on sent toute la maîtrise derrière. Un film unique dans son genre. Cette plongée en Indonésie a été, elle aussi, assez spéciale.