Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 05/05/2026
« Une vengeance sombre, portée par une atmosphère oppressante, mais qui finit par perdre de sa force. »
Jigoku no Hate made Tsurete Iku est un drama dont l'atmosphère est assez frissonnante et tendue. Il y a cette chose qui fait que je n'ai pas toujours été à l'aise. Le double visage de Rena rend parfois la série difficile à regarder. C'est une histoire assez classique, avec quelques incohérences, qui débute pourtant bien, mais au fil des épisodes, j'ai peu à peu commencé à perdre mon intérêt, au point d'aller au bout surtout pour aller au bout. Cela surjoue pas mal du côté des acteurs, mais la réalisation rend la série bien flippante grâce à l'atmosphère qui s'en dégage.
C'est donc l'histoire assez classique d'une personne qui veut se venger. Une bonne dose de mystère commence peu à peu à s'éclaircir, mais une question reste en suspens : pourquoi fait-elle tout cela ? Ce thriller débute très bien, avec de bons éléments de surprise, des éléments perturbateurs convaincants et une tension efficace, avant de perdre petit à petit de sa superbe. On tourne parfois en rond sans réellement avancer, même si, de temps en temps, un élément vient remettre de l'huile dans la machine. Quand on connaît le passé de Sachiko et le vrai visage de Rena, les grandes lignes sont déjà tracées. Ensuite, le drama brode davantage autour du pourquoi et du jusqu'où peut-elle aller. Et c'est justement ce brodage qui rend l'ensemble moins convaincant et qui donne moins envie de continuer.
Je vais spoiler pour ce paragraphe. Le fait que le mari sache tout de sa femme, mais reste avec elle malgré tout... mouais, pas convaincu. Que le père connaisse également les agissements de sa fille, mais, sous prétexte de vouloir l'étudier et par amour, ne dise rien aux autorités... mouais, pas convaincu non plus. La découverte de la personne secrète qui parle au téléphone avec Sachiko, qui se révèle être en fait une amie proche, fonctionne un peu mieux, avec son petit élément de surprise, mais cela ne va guère plus loin que deux minutes d'étonnement. Je pourrais continuer la liste. De nombreux éléments sont présents pour remettre du carburant dans la machine, mais malheureusement, ils ne m'ont pas vraiment convaincu.
Cependant, je ne peux que saluer la réalisation du drama. Il y règne une atmosphère anxiogène du début à la fin. La tension est permanente, et je dois avouer que je n'étais pas toujours très à l'aise quand je terminais un épisode. Je ne me sentais pas au top de ma forme. La musique, les plans, les silences, les regards insistants et cette manière de filmer les espaces du quotidien comme s'ils pouvaient devenir dangereux à tout moment participent beaucoup à ce malaise. Même lorsque l'histoire perd en efficacité, l'ambiance, elle, reste présente. C'est clairement l'un des gros points forts de la série.
Concernant la distribution, tous, ou presque, surjouent, et cela gâche une partie de la série. Je dis presque, car Shibuya Nagisa, qui interprète le rôle de Rena, est époustouflante. Je viens de découvrir une actrice bourrée de talent. Réussir à jouer deux facettes aussi distinctes, qui plus est criantes de vérité... je n'ai pas les mots. Elle joue tellement bien que, plus d'une fois, j'ai eu peur d'elle, comme si le personnage existait réellement et se trouvait juste là, en face de moi.
Au final, Jigoku no Hate made Tsurete Iku, De ta vie un enfer en français, est un drama qui commence bien avec son lot de mystère. Le thriller est haletant au départ et donne envie d'aller plus loin. Mais plus on avance, plus cela s'effiloche, et l'on perd la force présente dans les premiers épisodes. Les acteurs n'aidant pas toujours, je me suis lassé, mais je suis tout de même allé au bout pour voir comment cela allait se terminer. Un final attendu, sans l'être totalement. Une boucle qui se répète. Un drama que je ne conseille donc pas particulièrement.