Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît
Avis écrit le 18/11/2023
« Sans rêve, un homme ne peut pas changer l'avenir. »
Véritable succès lors de sa diffusion à la télévision au Japon, The Family est un drama de 10 épisodes qui nous plonge au sein d'une famille pas comme les autres. Le Japon veut se moderniser et cela se passe par ses banques et ses entreprises. Le cœur du drama, ce sont des jeux de pouvoir qui sont mis en place pour arriver à ses fins et peu importe les conséquences de ses actes. Et à l'opposé, un jeune homme se bat corps et âme pour ses idéaux. Malgré quelques longueurs par moments, ce drama vaut clairement le détour. J'ai été happé du début à la fin, et cela, jusqu'à la dernière minute. Partageant aussi une belle morale, après avoir vu cette série, j'ai eu, moi aussi, envie de davantage me battre pour mes rêves.
C'est une petite pépite comme je les aime. Après, quand je retrouve Kimura Takuya, je suis rarement déçu. Quand je l'ai débuté je ne m'attendais pas à tel résultat. Le spectateur est amené à être plongé au cœur d'une famille dans le Kobe des années 1960. Mais c'est une famille pas comme les autres, une des plus riches et influentes. Sous les apparences elle paraît heureuse, mais quand on entre dans l'intimité, c'est un tout autre monde qui s'ouvre à nous. Il y est question de relation extraconjugale, de jeux de pouvoir, de mariage arrangé, de mensonges, d'emprise psychologique et j'en passe. Le fait d'avoir été plongé au cœur de cette famille pendant 10 épisodes, je dois dire que je n'en suis pas ressorti indemne. C'est un sentiment étrange qui s'est emparé de moi durant tout ce temps. Cet univers malsain et malaisant ne m'a pas laissé indifférent. J'ai été aussi heureux d'avoir la contre-balance avec le fils aîné qui apportait un peu de fraîcheur et de bonne vibrations.
Dans cette famille Manpyo, tout est bon pour avoir davantage de pouvoir ou bien pour arriver à ses fins. Même si les filles, même le fils, ne sont pas consentantes, on les force à se marier afin de créer des liens avec d'autres familles qui, elles aussi, ont du pouvoir. On juge la valeur d'une personne en fonction de son statut et de ses relations. Fiction ? Je ne pense pas que cela le soit totalement, bien au contraire. Même si de nos jours, cela se fait de moins en moins, cette « coutume » est toujours présente au Japon. Au final, on en revient toujours au même point : ce drama n'est qu'une question de pouvoir et d'argent. Cette immersion m'a fait voir l'humain sous un aspect dont je n'ai pas l'habitude de le voir. Je suis sans doute un peu trop candide, mais voir un tel jeu de pouvoir se mettre en place pour pouvoir arriver à ses fins au détriment de sa propre famille, cela ne m'a pas laissé sans réaction.
Mais dans cette famille où l'emprise psychologique du père est telle que bon nombre des membres n'osent rien dire, il y en a un qui apporte un vent de fraîcheur et surtout de la lumière dans toute cette noirceur. Il s'agit du fils aîné. Il dit, que sans rêve, un homme ne peut pas changer l'avenir. Et je le rejoins à 200 %. Il veut se battre pour son pays et le mettre au-devant de la scène. Il m'a fait prendre conscience qu'une personne qui a un idéal et des convictions, ne peut pas perdre face à quelqu'un qui n'a qu'un plan. Nous avons donc deux camps : un qui est prêt à tout pour l'argent, jusqu'à aller écraser son prochain et un autre qui se bat pour un idéal et qui met tout en œuvre pour y arriver. Cette morale m'a beaucoup touché. Les personnes qui se battent pour quelque chose de bien plus grand qu'eux sont inarrêtables.
Cependant, la famille reste la famille et dans The Family le poids de cette dernière est importante, voire insupportable. Le dernier épisode traduit très bien cette emprise psychologique qui a eu raison des idéaux d'une personne. Dans ce drama, il est donc aussi question de liens du sang. Très important, le final m'a laissé sans voix... Je ne m'y attendais pas et cela m'a fait prendre conscience que malgré nos idéaux et la force mentale que l'on peut avoir, nous restons des humains vulnérables où les mots et l'attitude d'une famille peuvent avoir de graves conséquences tant physiques que psychologiques.
Cette immersion complète dans le Kobe des années 1960 est des plus réalistes. Il est vrai que dans l'épisode un, il y a quelques anachronismes, comme des ordinateurs, des imprimantes, et même des écrans LCD qui n'existaient pas à cette époque et qui apparaissent. Mais hormis cela, j'ai beaucoup apprécié l'immersion. Je m'y suis cru. Tout cela pour en venir à la réalisation que j'ai trouvée de grande qualité. Mais surtout, la bande originale est vraiment un atout majeur dans cette série. Elle apporte un réel atout à chaque épisode.
Concernant la distribution, nous retrouvons Kimura Takuya dans le rôle principal. C'est un de mes acteurs préférés et il est rare que je sois déçu quand je le retrouve dans un drama ou un film. Cette fois-ci, encore, je l'ai trouvé incroyable dans son rôle. Il a un sacré talent et il sait le mettre en valeur. Il incarne son personnage à la perfection ! Un vrai acteur comme je les aime ! Tandis que son père, dans le drama, est joué par l'acteur Harada Mieko. Ce dernier m'a un peu moins convaincu dans son rôle. Très souvent, je l'ai trouvé un peu trop sans vie. Dans le sens, il manquait d'expression tant faciale que corporelle. J'avais tendance à le voir réciter son texte et cela n'allait pas plus loin. C'est un peu dommage pour un acteur qui joue le second personnage le plus important de la série.
Au final, cette plongée au cœur de la famille Manpyo dans The Family, une famille pas comme les autres où les jeux de pouvoir sont le jeu principal auquel elle s'adonne, ne m'a pas laissé indifférent. Partageant une belle morale et avec un final des plus surprenants, cela a été beaucoup de plaisir que de suivre les aventures des personnages durant 10 épisodes. Cela m'a néanmoins laissé une belle empreinte au sein de moi et m'a fait prendre conscience qu'il est quand même toujours bon de se battre pour ses rêves et que parfois, il vaut peut-être mieux s'éloigner de sa propre famille.