Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 12/07/2025
« Une mer magnifique, de beaux silences, mais une histoire qui ne m'a jamais totalement emporté. »
Ano Natsu, Ichiban Shizukana Umi est un film très intéressant, mais par lequel je n'ai pas été autant happé que cela. Avec Kitano Takeshi, c'est souvent assez tranché chez moi : soit je suis conquis, soit c'est tout le contraire. Cette fois-ci, c'est entre les deux. Le film partage de beaux messages, la manière de filmer et de présenter les choses est très belle, mais il ne se passe pas grand-chose. Et c'est justement ce pas grand-chose qui m'a fait mettre cette note.
L'histoire suit un jeune homme qui s'éprend d'un sport : le surf. Sous le regard de sa copine, il tente de progresser, de devenir meilleur, jusqu'au jour où ce sport va lui prendre plus que sa simple passion. Le spectateur est donc amené à le suivre dans cette aventure. Mais il ne s'y passe pas grand-chose. Il surfe, participe à des concours, sa copine l'encourage, il continue. On le voit dans sa vie de tous les jours, entre travail et passion. Cela ne va pas vraiment plus loin. Et c'est ce qui m'a un peu ennuyé. J'aime beaucoup les films qui prennent leur temps et qui partagent de beaux messages, mais ici, même si ces messages sont bien présents, le fait de simplement les suivre dans leur quotidien, je n'ai pas trouvé cela très exaltant.
Côté messages, j'ai beaucoup apprécié ce que le film raconte. On y parle de la place du handicap dans la société, notamment dans les années 1990, à travers l'image du surf et de cette mer. Cette mer devient comme une porte ouverte sur le monde, mais aussi sur leur handicap, sur leur manière d'exister et d'avancer sans avoir besoin de grands discours. Le film montre aussi que l'effort finit par payer : à force de travailler un peu tous les jours, on peut progresser dans n'importe quel domaine, ici le surf. Au début, on rit de Shigeru, on le regarde tomber, on se moque de lui. Puis, petit à petit, son obstination change le regard des autres. Ceux qui riaient finissent par l'imiter. Et c'est probablement l'un des plus beaux aspects du film : il ne cherche pas à forcer l'émotion, il montre simplement un homme qui continue, encore et encore.
Côté réalisation, on a droit à de longs silences, avec des plans où pas un mot n'est prononcé sur la vie de tous les jours de nos chers protagonistes. Le comique de situation est également très présent, avec beaucoup de suggestions. Tout n'est pas dit explicitement, mais grâce aux images, on comprend. Nul besoin de mots pour expliquer les conséquences d'une action. Les images parlent d'elles-mêmes. Nous avons également droit à de longs plans-séquences, à des scènes très posées, presque suspendues, où le temps semble s'étirer. Dans ce film contemplatif, le bleu de la mer est taché par les couleurs des maillots des surfeurs, le tout accompagné par la magnifique musique de Hisaishi Joe. C'est souvent très beau, très calme, parfois même apaisant, avec cette impression de regarder des vies avancer sans bruit, au rythme des vagues.
Au final, Ano Natsu, Ichiban Shizukana Umi est un film contemplatif qui partage de beaux messages. Mais le fait de ne pas avoir de vrai but final ou d'objectif clair à atteindre m'a empêché d'accrocher totalement. Cela reste un très beau film, sensible et porteur de sens, mais quand je n'accroche pas au scénario, c'est compliqué pour moi d'en ressortir pleinement positif. Je sais que bon nombre de spectateurs ont aimé ce film. Pour ma part, je reste sur ma faim, malgré une très belle réalisation.