Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 04/07/2026
« Un livre qui nous plonge dans la tête d'un homme pour qui la guerre n'a jamais pris fin. »
Au nom du Japon est un récit qui marque réellement et qui démontre que, parfois, quand on croit à quelque chose, même si tout l'environnement nous dit le contraire, on préfère croire son cerveau et suivre ses propres convictions. En tant que lecteur, nous sommes dans sa tête. On comprend son cheminement, pourquoi il pense ainsi et pourquoi, pendant près de 30 ans, il a agi de cette manière. À travers différents chapitres consacrés à différentes périodes de sa vie, nous sommes amenés à suivre le parcours d'un homme qui n'a jamais lâché les ordres qu'on lui avait donnés.
Je connaissais déjà la vie de Onoda Hiro, pour avoir vu de nombreuses vidéos sur le sujet, mais je n'étais jamais entré dans les détails. Dans ce livre, il raconte tout et nous, en tant que lecteurs, nous sommes dans sa tête. Chaque chapitre correspond à une partie de sa vie : ses collègues, la propagande, la vie dans la jungle, etc. On commence par la fin et, au fil de la lecture, on comprend ce qui lui est arrivé. Sa mission, c'est toute sa vie, et il veut la mener au bout avec ses compagnons. Il a une foi totale dans l'Empire du Japon et dans les valeurs absolutistes japonaises. Cela fait peur, mais quand on croit réellement en quelque chose, cela peut parfois pousser à faire des choses inimaginables.
Nous sommes dans sa tête, il nous raconte tout, et on comprend, ou du moins on essaie de comprendre, comment un homme a pu être aussi fidèle à ses ordres et ne jamais vouloir capituler. Plus c'est gros, mieux cela passe : c'est ce qui ressort de ma lecture. Mais en même temps, on peut aussi y voir un homme de confiance, quelqu'un en qui l'on peut croire. C'est assez paradoxal. J'ai été assez tiraillé. Sa formation lui a, d'une certaine manière, noyé le cerveau. On pense ce que l'on veut bien croire, et si l'autre pense pareil, on est alors encore davantage convaincu. Cela en revient presque à un lavage de cerveau. Il suit son serment et n'en déroge pas, prêt à mourir pour sa cause, même si toute personne extérieure, qui verrait la situation d'en haut, se dirait que cela ne peut pas être possible. Finalement, il a donné aux événements le sens qu'il voulait leur donner, un sens qui allait toujours dans la direction des ordres reçus alors que la guerre faisait rage. C'est toute cette partie qui construit l'homme qui n'a pas rendu les armes, et le livre en parle longuement.
Ce qui m'a été le plus difficile, c'est toute la partie où il vole, tue, brûle, intimide ou que sais-je encore. J'ai trouvé cela triste. La guerre est terminée, mais pas dans sa tête. Ce sont donc les habitants de l'île qui doivent en pâtir. Bien sûr, de son point de vue, c'est quelque chose qui se défend, mais en tant que lecteur, j'ai été très souvent attristé en lisant ces passages en particulier. Il m'a été compliqué d'être compatissant lors de ces moments. L'autre chose qui a rendu ma lecture parfois difficile, c'est qu'il y a beaucoup de noms et de grades. Quand on ne connaît pas le système de hiérarchie militaire, il est parfois compliqué de savoir qui fait quoi, et qui est qui, mais cela n'empêche pas d'en comprendre les grandes lignes.
Au final, Au nom du Japon est le récit d'un homme qui a décidé de suivre les ordres qui lui avaient été donnés et de ne pas y déroger tant que son chef direct ne lui dirait pas d'abandonner la mission. Dans sa tête, le lecteur est amené à suivre sa vie durant ces presque 30 ans sur cette île et à essayer de comprendre, si cela est possible, pourquoi il a agi de la sorte. Le cerveau peut faire des merveilles, mais il peut également être notre pire ennemi.