Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 05/04/2026
« Voir au-delà des images, ressentir à travers les mots. »
Hikari, Vers la lumière en français, est un magnifique film qui m’a profondément marqué. C’est, comme toujours, du très GRAND Kawase Naomi. Une histoire originale, une vraie profondeur, des acteurs bouleversants, une réalisation d’une grande beauté… un film qui ne laisse pas indifférent. Traitant d’un sujet rarement abordé au cinéma, j’ai découvert tout un univers autour de l’audiodescription pour les malvoyants. Un film qui m’a touché en plein cœur.
L’histoire reste assez classique dans sa structure : une jeune femme passionnée par son métier se retrouve confrontée à quelqu’un qui va remettre en question sa manière de voir les choses. Mais c’est justement ce fil conducteur qui permet d’ouvrir des réflexions plus profondes. J’ai découvert un univers dont j’ignorais totalement l’exigence. La réalisatrice s’est entourée de professionnels, et cela se ressent à l’écran. Les échanges entre les personnages pour décrire une image sont particulièrement marquants : des moments suspendus, d’une grande richesse. À cela s’ajoute la relation entre Misako et Masaya, toute en délicatesse. Rien n’est forcé, tout se construit progressivement. Chacun cherche sa lumière, à sa manière. Et derrière cette apparente simplicité, se cache une histoire bien plus profonde qu’elle n’y paraît.
Poétique et bouleversant : ce sont les émotions qui me viennent en repensant aux messages du film. Il est question d’apprendre à se séparer de ce qui compte le plus. De lâcher prise. De dire au revoir. Des choses faciles à dire, mais bien plus difficiles à vivre. C’est le message principal que j’en retiens. D’un côté, l’un doit dire adieu à sa vue. De l’autre, elle doit faire face à l’absence de son père. Un père sans visage et nom pour le spectateur, mais dont le poids est immense. Comme un fardeau qu’elle traîne avec elle. Deux pertes différentes, mais une même difficulté : avancer. Faire le deuil. Et au fond, une question persiste : après quoi court-on réellement ?
Le film ouvre aussi une réflexion plus large sur le pouvoir des mots. Chaque mot compte. Le moindre choix peut modifier une perception, une émotion, une image. Dans le cadre de l’audiodescription, cela devient essentiel : les mots deviennent les yeux du spectateur.
Côté réalisation, Kawase Naomi signe une nouvelle fois un très grand film. Tout est d’une grande simplicité, sans artifices. Des scènes du quotidien, des silences, des sons ambiants… et surtout une utilisation remarquable de la lumière. Les gros plans et les visages prennent toute leur importance. On ne regarde plus seulement les personnages, on ressent leur perception du monde. Les images floues, notamment, renforcent cette immersion : on finit presque par voir comme eux. Une réalisation profondément sensorielle.
Et que dire des acteurs, Nagase Masatoshi et Misaki Ayame… Les deux sont incroyables. D’une justesse rare, ils incarnent leurs personnages avec une sincérité qui renforce encore l’impact du film.
Au final, Hikari est un film qui m’a profondément touché, porté par une réalisation magnifique et un sujet peu commun. Suivre ces deux trajectoires a été un véritable plaisir. J’en retiens des messages forts : accepter, lâcher prise, avancer. Mais surtout, l’idée que si l’on prend le temps, si l’on accepte de regarder au-delà, alors peut apparaître cette lumière. Un film que je recommande, à condition de lui accorder toute son attention. Car au fond, c’est simplement le chemin de deux êtres vers leur propre lumière.