Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 24/08/2025
« Du rythme, des plans forts… mais une narration qui s’effiloche. »
Saigo made Iku, Hard Days pour le titre international, est un film plutôt moyen dans l’ensemble. Pourtant, cela commençait bien. Le début laissait présager un thriller prenant, comme je les aime. Mais au final… je suis resté sur ma faim. La réalisation est très bonne, l’histoire est intéressante, mais j’ai trouvé qu’il y avait trop de violence gratuite à mon goût. En lançant le film, je ne savais pas à quoi m’attendre. Je n’ai pas été déçu, mais je n’ai pas non plus été particulièrement emballé. Même le message que le film tente de faire passer ne m’a pas vraiment parlé.
L’histoire, pourtant, m’a captivé dès le début. J’ai même trouvé qu’il y avait une certaine touche d’humour noir, volontaire ou non, je ne saurais dire, comme cette idée improbable d’incinérer un corps avec celui de sa propre mère. Certaines scènes, comme celle des collègues qui portent le cercueil, m’ont presque fait sourire. Le suspense est là, et on a envie de savoir comment tout cela va se terminer. Puis vient la deuxième partie du film, avec cette fois le point de vue du personnage de Takayuki. Je ne m’attendais pas à ce revirement. J’ai beaucoup aimé cette bascule narrative, qui permet de voir les mêmes événements sous un angle complètement différent. Une vraie bonne idée, bien exploitée.
Alors pourquoi une note mitigée malgré ces points positifs ? Je n’arrive pas à l’expliquer pleinement, mais la « sauce » n’a pas pris avec moi. Le film est prenant, bien rythmé, j’ai été surpris à plusieurs reprises. Mais une fois passées les scènes clés, il ne reste pas grand-chose. Le scénario tient debout, les tensions sont bien construites, mais l’ensemble s’essouffle. Et surtout, cette violence omniprésente finit par me détacher. Ce n’est pas tant qu’elle me choque, mais elle me lasse. Le message du film « si tu as de l’argent, tu peux tout acheter » est certes pertinent, mais trop appuyé, presque caricatural. Corruption, compromis, trahisons… tout cela est bien réel dans le monde d’aujourd’hui, on le sait. Mais ici, c’est poussé à l’extrême, au point que le propos en devient creux. L’argent fait loi. On oublie ses valeurs pour un bout de papier. Et même si je comprends ce message, il est ici martelé sans réelle finesse.
Autre chose qui m’a gêné : le personnage de Takayuki. Il ne meurt jamais. Quoi qu’il lui arrive, il s’en sort. J’ai trouvé cela assez absurde. Ce personnage, quasi invincible, finit par nuire à la crédibilité de l’ensemble. La scène finale, d’ailleurs assez glaçante, reflète bien mon ressenti général : des moments forts, suivis de longues séquences creuses, où il ne reste que de la violence.
Côté distribution, je ne vais pas forcément saluer celui qu’on attend. Pour moi, Ayano Gou surpasse tout. Je le trouve déjà très talentueux, mais ici, il porte le film. Certes, il le fait aux côtés d’Okada Junichi, qui incarne bien son personnage, mais je l’ai trouvé moins convaincant. Ayano, lui, incarne un rôle sombre avec une intensité impressionnante. Il a une vraie capacité à se fondre dans ses personnages. C’est toujours un plaisir de le retrouver.
Au final, Saigo made Iku repose sur un bon concept, un scénario solide et une belle réalisation. Mais une fois les grands moments passés, il ne reste qu’un flot de violence. Le message, bien que pertinent, est trop martelé pour m’émouvoir. Un film qui illustre parfaitement ce que l’avidité peut engendrer, le pire comme le pire. Je ne le recommande pas spécialement, sauf si l’on est amateur de thrillers sombres… et brutaux.