Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît
Avis écrit le 10/10/2026
« Un regard daté sur le Japon, mais des parcours humains qui gardent leur intérêt. »
Je suis tombé sur le documentaire Les maîtres du goût à la conquête du Japon un peu par hasard, sans me douter qu'il datait de 2014. Depuis, les choses ont beaucoup évolué et, avec le recul, il est intéressant de voir ce que sont devenus certains des projets présentés. Pierre Hermé Paris est toujours solidement implanté au Japon, le restaurant qu'Hugo Desnoyer avait ouvert à Tokyo est aujourd'hui indiqué comme fermé et, concernant Valérie Guérin, je n'ai pas réussi à savoir ce qu'était devenu son projet sur le marché japonais. Trois personnalités différentes dans le domaine de la gastronomie, avec trois parcours qui le sont tout autant. Le documentaire reste assez intéressant, mais il est vrai qu'en regardant en 2026 un programme datant de 2014, on voit aussi que certaines choses ont mal vieilli.
J'ai trouvé très intéressant de suivre ces trois personnalités, même si j'ai eu l'impression que l'on passait moins de temps avec la vigneronne qu'avec les deux autres. On suit des personnes qui cherchent à se faire une place au Japon, à l'exception de Pierre Hermé qui, lui, est déjà bien installé et sert davantage de référence. Leurs portraits sont suffisamment développés pour comprendre qui ils sont, leurs enjeux et ce qu'ils recherchent réellement. Voir Pierre Hermé toujours à la recherche de nouvelles saveurs et de nouveaux produits montre également l'exigence et la rigueur du monsieur : ne pas rester sur ses acquis et continuer à proposer de nouvelles créations.
On y retrouve malheureusement certains stéréotypes habituels : le fameux mélange entre modernité et tradition, toujours le même refrain, ou encore l'idée que « les Japonais ne supportent que l'excellence ». Mais d'où sort cette affirmation ? Certaines musiques participent également à cette vision assez convenue du Japon. Après, c'était en 2014, une autre époque où beaucoup moins d'informations étaient facilement accessibles qu'aujourd'hui. Il faut donc aussi replacer le documentaire dans son contexte. En revanche, j'ai aimé entendre qu'il ne fallait pas chercher à s'imposer, mais faire avec la culture locale, s'adapter plutôt que vouloir « conquérir » le Japon. C'est quelque chose qui me parle et, quand j'entends ce genre de discours, je suis plutôt content.
Concernant le Japon lui-même, le documentaire est principalement porté par le regard de personnes qui souhaitent s'y implanter ou y développer leur activité. Vous aurez donc davantage d'informations sur les difficultés et les démarches liées au fait d'essayer de se faire une place ici, même si cela reste relativement léger, que sur le Japon en lui-même. Cela reste intéressant, mais pour quelqu'un qui souhaite réellement en apprendre davantage sur le pays, je ne vois pas beaucoup d'éléments particulièrement pertinents allant dans ce sens.
Au final, Les maîtres du goût à la conquête du Japon n'a rien de grandiose, mais n'est pas non plus à mettre à la poubelle. Suivre ces trois personnes et voir leurs parcours m'a aussi donné envie de me dépasser dans mes propres projets. Cela rappelle que, finalement, même si cela rate, ce n'est pas forcément grave : au moins, on aura essayé. Mais aussi qu'il ne faut pas rester sur ses acquis et qu'il faut savoir continuer à évoluer et à innover pour ne pas être oublié. Je ne recommande pas spécialement de le regarder en 2026, hormis si le sujet vous intéresse vraiment ou si vous avez du temps.