Koyoshi a grandi dans l'arrondissement de Yamashina, à Kyoto. Enfant, elle n’était pas particulièrement attirée par les maiko, ces apprenties geisha, qu’elle n’avait d’ailleurs jamais vraiment vues. Ce monde lui était étranger. C’est en CE2, à l’école primaire, qu’elle découvre la danse traditionnelle japonaise : le mai, art majeur de la maiko. Une révélation. La porte d’un univers dont elle ignorait tout s’entrouvre alors devant elle. Elle s’y engage avec sérieux, persévère, progresse. Deux à trois ans après ses débuts, l’idée de faire de cet art un métier commence à prendre forme.
En quatrième, lors d’un entretien d’orientation, elle annonce à la surprise de ses parents qu’elle souhaite devenir maiko. Ce choix, qui peut sembler audacieux à un âge où beaucoup pensent surtout à s’amuser, s’impose pourtant à elle comme une évidence. À travers ce récit, lumière est faite sur le parcours d’une jeune fille décidée à embrasser une tradition séculaire. Entre discipline, apprentissage rigoureux et immersion dans le quartier de Gion, ce témoignage offre une plongée rare et intime dans un univers souvent fantasmé.
Avis
Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît
Avis écrit le 28/02/2026
« Comprendre plutôt que fantasmer : derrière l'esthétique, une leçon de rigueur et de patience. »
Maïko : Journal d'une apprentie geisha est un récit qui nous plonge dans un monde qui, de base, nous est fermé. Les portes s'ouvrent devant nous et l'on découvre une jeune fille qui décide d'embrasser un métier vieux de plusieurs siècles. Peu courant, ce regard intérieur m'a ouvert les yeux sur un univers que je fantasmais beaucoup. Il m'a surtout montré le travail et la rigueur nécessaires pour maîtriser une telle profession.
Commençons par le livre en lui-même. Les noms importants ont été conservés en japonais, non pas en kanji mais en transcription alphabétique, avec un astérisque renvoyant à un glossaire. Point positif : tout en me cultivant, j'ai appris de nouveaux mots. Il aurait été dommage de traduire ces termes propres au monde des maiko. Point négatif : cela implique de fréquents allers-retours entre le texte et la fin du livre. J'ai parfois aussi dû relire certains passages pour bien assimiler le vocabulaire. Mais c'était pour la bonne cause. Autre point fort : les photographies. Elles sont sublimes et permettent de mettre une image sur ce vocabulaire si spécifique, mais aussi sur cet art lui-même. L'ouvrage est réellement bien organisé et visuellement attrayant.
Concernant le fond, j'ai appris énormément. Je ne savais pas qu'un tel niveau de travail et de rigueur était exigé pour exercer ce métier. D'après l'autrice, l'apprentissage dure toute une vie : elle estime ne jamais maîtriser son art à la perfection. Répéter le geste encore et encore témoigne d'un amour et d'une dévotion totale.
Ce métier est également rempli de normes et de codes stricts. Pour parvenir à exprimer réellement qui l'on est, il faut apprendre à évoluer à l'intérieur de ces règles. J'ai trouvé cet aspect particulièrement intéressant : savoir s'adapter sans se trahir.
Ce livre m'a aussi enseigné la patience. Dans une société où l'on veut tout, tout de suite, devenir une geisha respectée demande du temps, de l'apprentissage et une abnégation constante. Rien ne se fait du jour au lendemain. Cette discipline force le respect.
Au final, j'ai appris énormément à la lecture de Maïko : Journal d'une apprentie geisha. J'en ressors avec un regard totalement différent sur cette profession. Ce n'est pas une lecture que l'on dévore rapidement : il faut prendre le temps d'assimiler les termes et les codes. Mais j'aime ressortir d'un livre moins ignorant qu'avant de l'avoir commencé. Pari gagné.