Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 03/05/2026
« Un mystère artistique entre mémoire, remords et passé impossible à fuir. »
Kishibe Rohan Louvre e Iku est un film pour lequel il n'y a nul besoin d'avoir vu la série afin d'en comprendre tous les tenants et les aboutissants. Dans cet opus, le second que je vois de cet univers, Rohan est amené à se rendre à Paris, et plus particulièrement au Louvre. Sur fond de tableau maléfique, on suit les péripéties de notre héros, avec son histoire passée qui le rattrape dans le présent. Mystère prenant, petite visite de Paris, retour dans le Japon d'antan : c'est un film qui se regarde bien. Petit point de vigilance : les arachnophobes devraient peut-être s'abstenir.
C'est un univers qui me plaît beaucoup. Deuxième film que j'ai la chance de voir de cette saga, et c'est encore un réel plaisir ! Ici, on voyage dans le passé de notre héros, un passé qui, dans le présent, finit par le rattraper. Le mystère qui entoure ce tableau est très prenant, et je voulais vraiment en connaître le dénouement final. Ce tableau maléfique, très beau soit dit en passant, emmène nos deux personnages principaux à Paris. Après un passage au Louvre, ils parviennent peu à peu à élucider le mystère, et l'on comprend surtout que cette affaire possède un lien très proche avec notre héros. Je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Avec son message intéressant, le film m'a, une nouvelle fois, amené à réfléchir.
Hormis ce mystère, très important pour garder le spectateur en haleine, le message du film m'a beaucoup intéressé. Quiconque voit le tableau se retrouve face à son passé, à ses péchés, à ses remords gravés dans son esprit, mais également aux fautes commises par ses ancêtres. On ne peut pas fuir les liens du sang, ni se couper totalement de son passé. C'est d'ailleurs ce qui fait le lien avec le bouquet final du film. Ce tableau maléfique en dit davantage sur la personne, ses blessures, ses traumas et ce qu'elle porte parfois sans même en avoir pleinement conscience. Tels des liens invisibles, nous traînons certaines choses avec nous chaque jour, et cela finit par peser. Il en va de même pour les liens familiaux et l'histoire dont nous héritons. C'est un sujet profond, qui amène à la réflexion. Parfois, on réagit, on fuit ou on cache certaines choses qui pourtant participent à faire de nous la personne que nous sommes.
Côté réalisation, tout comme pour le précédent film que j'ai vu, j'aime beaucoup la patte de Watanabe Kazutaka. Les flashbacks sont bien utilisés pour faire comprendre le pourquoi du présent, sans donner l'impression d'être de simples explications plaquées sur l'histoire. Le jeu des lumières, notamment dans les sous-sols du Louvre, apporte une vraie plus-value aux scènes et renforce cette impression de danger presque invisible. Les plans prennent le temps d'installer les lieux, les visages et les silences. Il y a une atmosphère particulière, parfois étrange, parfois presque théâtrale, qui colle très bien à l'univers de Kishibe Rohan. Le film sait créer du mystère sans forcément tout dire immédiatement, et c'est aussi ce que j'apprécie dans cette mise en scène.
Au final, Kishibe Rohan Louvre e Iku est un bon film mystérieux, mais qui demande de lire plus loin que les dialogues. Un vrai message y est véhiculé. Tout n'est pas parfait, et je n'ai pas été totalement emballé du début à la fin, mais l'ensemble, porté par une belle réalisation, donne un film plaisant à regarder. Je ne me suis pas spécialement ennuyé. Il y a simplement tous les ingrédients pour rendre le film captivant et agréable, tout en plongeant le spectateur dans un univers avec ses codes bien particuliers, mais qui me plaît vraiment beaucoup.