Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît
Avis écrit le 25/10/2026
« Un passé qui pèse lourd, mais une seconde partie qui gagne en profondeur. »
Bokura ga Ita Kohen est un second volet beaucoup plus mature et qui entre davantage dans la psychologie des personnages. Un second opus qui m'a davantage plu et que j'ai pris beaucoup plus de plaisir à suivre. Comme quoi, il était important de poser les bases dans le premier film. Dans la continuité, on y retrouve les mêmes thèmes et on peut finalement mettre un point final à cette histoire d'amour, avec une mise en scène, notamment autour de la vie de Yano Motoharu, qui m'a davantage interpellé.
Concernant l'histoire, on reprend là où le premier film nous avait laissés, quelques années plus tard. Les deux amoureux sont beaucoup moins ensemble et cette seconde partie se concentre davantage sur le personnage masculin. On replonge dans ces années de silence et dans les raisons qui l'ont poussé à ne plus donner de nouvelles. Il traverse des épreuves terribles que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi. J'ai trouvé l'histoire beaucoup plus sombre et profonde. Plus mature également, même si elle reprend les mêmes thèmes que le premier volet. On y retrouve malheureusement encore quelques passages un peu gnangnan ou surjoués, dont certains sont assez attendus.
Le thème principal reste, selon moi, la douleur du passé et le pouvoir qu'il peut avoir sur notre présent. Ce passé prend différentes formes : celui qui nous hante et dont on n'arrive pas à se libérer, celui d'une mère qui ne veut pas lâcher son fils à cause de son propre vécu et de sa peur de l'abandon, ou encore celui auquel on s'accroche parce qu'il contient tellement de bons souvenirs qu'il devient difficile de lâcher prise. Quand on se sent seul, on peut avoir envie de retrouver à tout prix ce bonheur passé qui nous a fait tant de bien. Le passé est donc, selon moi, le véritable thème central de ce second film.
Côté réalisation, toute la partie consacrée au passé de Yano fonctionne vraiment bien. Le film prend davantage le temps de montrer ce qu'il a vécu, ce qui l'a conduit à s'éloigner et surtout la manière dont toutes ces épreuves l'ont transformé. La construction entre le présent et les souvenirs donne davantage de poids au personnage et permet de mieux comprendre son comportement. Certaines scènes prennent également le temps de laisser parler les silences et les émotions, ce qui fonctionne particulièrement bien lorsque le film se concentre sur sa solitude ou sur ce qu'il n'arrive pas à exprimer. J'ai trouvé cette partie beaucoup plus juste et beaucoup plus forte que dans le premier volet.
On retrouve malheureusement aussi les regards qui s'éternisent, les silences parfois trop appuyés et certains passages qui finissent par donner un côté un peu trop fabriqué à l'ensemble. Certaines interactions manquent réellement de vérité et de spontanéité. Mais cela m'a beaucoup moins gêné ici, notamment parce que le film possède davantage de profondeur et que son côté plus sombre contrebalance mieux cette mise en scène très romantique.
Côté distribution, Ikuta Toma m'a une nouvelle fois subjugué dans ce personnage sombre et profondément marqué par ce qu'il a vécu. Je l'ai trouvé criant de vérité. Il arrive à faire ressentir le poids que porte Yano sans forcément avoir besoin d'en faire trop et c'est, selon moi, l'une des grandes forces de cette seconde partie.
Au final, devant Bokura ga Ita Kohen, j'avais beaucoup moins envie de faire autre chose que comme c'était le cas sur le premier film. Bien au contraire, je suis resté concentré et j'ai eu davantage envie de connaître la suite. On retrouve les mêmes thèmes et, même si la réalisation n'est toujours pas parfaite à mes yeux, elle m'a bien davantage convaincu. L'histoire reste simple, reprend beaucoup des codes du genre et vient mettre un point final à celle de Nanami et Yano. Même si la conclusion est attendue, elle se termine finalement comme elle devait se terminer. Deux films que je ne reverrai probablement pas, mais au moins je pourrai dire : oui, je les ai vus, mais cette seconde partie m'aura clairement davantage convaincu que la première.