Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 11/07/2026
« Un voyage passionnant dans l'Edo d'antan, entre médecine, Histoire et destin. »
JIN a été une belle surprise comme je les aime. Je suis actuellement dans le mood de retourner dans le temps, à une époque où tout semblait plus simple, sans toute cette technologie. C'est alors que JIN s'est proposé à moi, et je n'ai pas été déçu. En plus de me faire prendre conscience de l'évolution de la médecine, il y est surtout, et beaucoup, question d'Histoire. Si je change une partie du passé, quelles répercussions cela peut-il avoir sur l'avenir ? Porté par de nombreux messages, c'est un très joli drama, prenant du début à la fin.
Voyager quand on le souhaite, exprimer ses sentiments librement, vivre une vie ordinaire, mais épanouissante. Tout cela nous semble naturel. Pourtant, nos nuits ont perdu leur véritable noirceur. Nous vivons entourés de lumières, de libertés, de confort et de certitudes. Mais si un jour tout cela disparaissait ? Que resterait-il de nous dans un monde où la nuit retrouve ses ténèbres, où la médecine moderne n'existe pas encore, et où chaque décision peut changer le cours d'une vie ?
Minakata Jin est catapulté à l'époque d'Edo et ne sait pas comment revenir. Il n'a donc pas d'autre choix que d'y rester. Neurochirurgien, il décide de mettre son savoir au service de cette époque et donc de sauver des vies. Mais comment faire quand les outils et la technologie ne sont pas présents ? Des interventions simples et faciles de nos jours ne le sont pas à cette époque, bien au contraire : elles peuvent être mortelles. On ne sait plus faire sans. Le voir essayer de se débrouiller avec les moyens du bord... chapeau. Il est un génie inventif. La médecine reste donc une très belle évolution, mais quand on revient dans le passé, je me suis dit : on pouvait vivre la veille et mourir aujourd'hui. La perception du temps ne devait pas être la même. On y retrouve aussi les maladies du passé, celles qui faisaient des ravages, comme le choléra. Au passage, prendre son petit déjeuner devant une infection au choléra, je vous le déconseille, votre repas n'aura plus la même saveur. Et au milieu de tout cela, le médecin n'a qu'un désir : faire avancer les choses. Chose qui m'a également marqué : à cette époque, on s'entraide, car seul, on ne fait rien.
Il y est aussi question de changer le passé. Si l'on modifie le passé d'origine, que va-t-il se passer ? La personne disparaît ? La ligne du temps se réécrit différemment ? Ne doit-on pas soigner pour ne pas changer le destin de la personne ? Ou bien, si on la soigne, finalement, le même destin lui est destiné, il n'est que retardé ? Qui plus est, être médecin à cette époque, c'est très important. L'unique but, c'est de sauver des vies. Mais que faire si l'on pense tout le temps au futur et aux conséquences de ses actes ? Au final, empêcher quelqu'un de mourir, c'est influencer son destin. Je n'ai pas les réponses à toutes ces questions, n'ayant pas fait un bond dans le passé, mais ce drama m'a fait prendre conscience d'une chose : inutile de trop s'inquiéter de l'avenir, se concentrer sur le présent et le vivre pleinement et paisiblement semble être une clé de l'apaisement et de l'évitement de la peur du futur. Dans cette époque incertaine, vivre l'instant devait être une chose normale, à contrario de la nôtre aujourd'hui. Du moins, c'est ce que j'en ai compris.
Ce drama est aussi prenant par son époque, que je trouve fascinante et dont j'ai envie d'en apprendre davantage, mais pas seulement. Ce sont aussi les décors, l'ambiance et j'en passe. Je m'y suis cru à cette époque. C'est également riche en personnages, avec chacun sa propre personnalité. Et même si l'Edo vu d'en haut semble parfois faux, cela n'enlève rien à tout le reste. Je m'y suis cru dans cet Edo d'antan. Je croyais aux samouraïs, je croyais à cette ambiance feutrée avec pour seules lumières des lanternes. Ces pièces en tatamis, ces maisons faites de bois, ces habitants qui font comme ils peuvent pour vivre. Ces protagonistes divers et variés, de la personne hautement placée au samouraï, de la fille de plaisir au marchand, chacun y est présent. On a même droit à un Edo en feu, avec des pompiers qui font comme ils peuvent pour l'éteindre. Cette ambiance si particulière, je l'ai ressentie durant les 11 épisodes de cette époque pas si lointaine. Cet Edo d'antan était dans ma télévision, et je l'ai trouvé très réaliste.
Scénaristiquement parlant, il n'y a rien de grandiose. C'est simplement l'histoire d'un homme qui arrive dans le passé, ne sait pas comment revenir dans le présent, et n'a donc pas d'autre choix que de rester. L'histoire possède toutefois de nombreux éléments perturbateurs, ce qui permet de garder le spectateur en haleine. Même si j'ai trouvé que cela devenait parfois un peu répétitif et redondant, la série se rattrape largement par tout ce qui l'entoure, et donc par tout ce que j'ai cité ci-dessus. C'est l'histoire d'un homme qui souhaite mettre son savoir au service de cette époque et essayer, à sa manière, de faire évoluer la médecine, tout en évitant de trop chambouler le passé et, par conséquent, de modifier le futur.
La distribution est elle aussi extraordinaire. Je ne vais pas tous les citer, mais Osawa Takao incarne et campe son personnage à la perfection. J'ai ri et pleuré avec lui. Toutes les récompenses qu'il a gagnées, il ne les a pas volées. Ayase Haruka est aussi celle qui m'a surpris ! Je ne suis pas un grand fan de cette actrice, mais cette fois-ci, j'ai beaucoup apprécié son jeu et son rôle. Elle l'incarne également très bien. Tout comme le reste de la troupe, qui rend cet Edo très vivant.
Au final, je ne suis pas historien, mais du peu que je sais, JIN m'a transporté dans un Japon d'antan fidèle à ce que je connais, à une époque charnière cruciale : son ouverture sur le monde avec la chute des Tokugawa. Des enjeux politiques sont en jeu et, au milieu, un médecin. Un médecin qui, ne pouvant rentrer chez lui, va apporter ses connaissances pour sauver des gens et essayer de changer l'Histoire. Va-t-il y arriver ? Je vous laisse le découvrir. Cette histoire est prenante du début à la fin et je n'avais qu'une envie à chaque fois : regarder l'épisode suivant.