Notre avis et/ou analyse
!! Attention avant lecture !! Qui dit avis dit des risques de spoil.
Benoît

Avis écrit le 11/04/2026
« Le vrai danger, ce n'est pas eux… c'est ce qu'elle accepte. »
Pauvre Chose de Wataya Risa est le second roman que je lis de l'autrice, et quel roman ! Le premier ne m'avait guère enthousiasmé, mais celui-ci… ce fut un vrai régal. Court, simple et rapide à lire, il aborde les relations humaines, l'amour et le regard que l'on porte sur l'autre. Julie se questionne beaucoup sur elle-même et sur ce que la situation renvoie d'elle. Un roman que j'ai dévoré et qui m'a procuré énormément de plaisir. Je n'avais qu'une seule envie : savoir comment cela allait se terminer.
L'histoire se résume à une jeune femme qui accepte que son petit ami héberge son ex, et qui se retrouve peu à peu piégée dans une relation malsaine où elle s'efface jusqu'au point de rupture. Le style m'a beaucoup plu : c'est fluide, accessible et bien construit. En apprenant progressivement le passé des personnages, on avance en parallèle dans le présent, ce qui permet de mieux comprendre leurs réactions. Mais surtout, le roman est addictif : comme Julie, je voulais savoir ce qu'il se passait réellement dans cet appartement.
Ce qui m'a particulièrement marqué, c'est la manière dont l'évolution de la relation est traitée dans le détail : questionnements, remises en question, évolutions… J'étais littéralement dans la tête de Julie, et quel plaisir en tant que lecteur. Je vivais la situation de l'intérieur. Cette immersion renforce la tension et installe un mystère constant. Ne pas savoir ce que les deux faisaient dans l'appartement devient presque une obsession. Cela ronge l'esprit. Et ça a été mon cas : je voulais savoir.
À l'inverse, un sentiment de culpabilité très fort traverse le roman. Julie se demande si elle a le droit de rejeter quelqu'un dans le besoin. La comparaison avec la tante du Tombeau des lucioles est particulièrement parlante et renforce cette culpabilité. Cela pousse à aller vers l'autre, à chercher à comprendre plutôt que de rester enfermé dans ses propres pensées. La dimension culturelle joue également un rôle. Ce sentiment de culpabilité est extrêmement bien retranscrit, et il a profondément résonné en moi.
On retrouve aussi des thèmes forts : le besoin d'aimer et d'être aimé, la difficulté de se libérer du regard des autres, jusqu'où on est prêt à accepter des choses par amour ou encore l'idée de tuer l'ancien soi pour faire naître le nouveau. Des thèmes universels, mais ici parfaitement incarnés à travers le parcours de Julie.
Au final, Pauvre Chose a été une très belle découverte. J'ai aimé sa construction, les messages qu'il transmet, mais aussi cette tension qui ne cesse de monter… monter… jusqu'à une explosion finale particulièrement marquante. Être dans la tête du personnage permet de la voir évoluer, d'assister à ses doutes, puis à ses décisions. Une lecture que je recommande sans hésiter.